Le Vase de Soissons

Cela fait plus de deux siècles que l’on mentionne l’existence d’un fameux haricot autour de la ville de Soissons.

Soissons au temps du Vase

Soissons était la seule cité dans le nord de la France où survivait le pouvoir romain en la personne de Syagrius, après la chute de l’Empire (476). Clovis le défait en 486 et profite alors d’une ville dotée de toutes les infrastructures d’une métropole locale largement romanisée : chaussées romaines, théâtre, castrum....

C’est de là qu’il mène des opérations de pillage contre les rebelles à son autorité. L’épisode du vase montre l’importance militaire de Soissons : Clovis y inaugure la saison militaire avec le passage en revue de ses soldats à l’occasion du « Champ de Mars ». Le geste du jeune roi des Francs envers le soldat prouve son autorité et la discipline qu’il fait régner parmi ses troupes. Comme le baptême une dizaine d’années plus tard, l’épisode du vase vise à accroître l’emprise de Clovis sur les élites gallo-romaines et les puissants évêques.

L’Histoire du Vase de Soissons

En ce temps-là, Clovis était encore païen et beaucoup d’églises furent pillées par son armée. Dans l’une d’elles les soldats s’étaient emparés, avec tout le matériel du culte, d’un vase que ses dimensions et sa beauté rendaient particulièrement remarquable. L’évêque de l’église spoliée en fait demander la restitution, à défaut du reste. « Suis-nous jusqu'à Soissons », répond Clovis à l’envoyé, « car c’est là que tout le butin sera partagé. Quand le vase me sera échu, je donnerai satisfaction à l’évêque ». Une fois à Soissons, devant tout le butin rassemblé : « Très vaillants combattants », dit-il, « je vous demande de me céder, en plus de ma part, le vase que je vous désigne. » Les hommes de bon sens lui répondent : « tout ce que nous voyons est à toi, glorieux, roi, et nous sommes nous-mêmes soumis à ton autorité. Agis maintenant comme il te plaira, personne ne peut te résister ». Ils avaient ainsi parlé quand un soldat inconsidéré, envieux et impulsif, frappa le vase de sa hache en criant : « Tu ne recevras que ce que le sort te donnera vraiment ». Au milieu de la stupéfaction générale provoquée par ce geste, le roi dévora patiemment l’affront, se fit donner le vase et le remit à l’envoyé en gardant sa blessure cachée au fond du coeur. L’ année finie, il convoqua l’armée au champ de Mars pour que chacun y fit constater le bon état de ses armes. Circulant dans les rangs, il arrive devant celui qui avait frappé le vase : « Personne n’ a apporté d’armes aussi mal tenues que les tiennes » lui dit-il ; « ni ton javelot, ni ton épée, ni ta hache ne valent rien ». Et ayant saisi la hache de l’homme, il la jeta par terre. Tandis que celui-ci se baissait pour la ramasser, le roi, ayant levé sa propre hache, la lui planta dans la tête en disant : « ainsi as-tu traité le vase de Soissons ». Mort s’en étant suivie, il ordonna aux autres de se retirer, non sans leur avoir inspiré une grande crainte.

Grégoire de Tours, Histoire des Francs, traduction G. Teissier, le baptême de Clovis, Paris, Gallimard, p. 52

Le Vase et Soissons

Les places de la ville, les lieux publics de rassemblement de la population et les carrefours urbains, sont les lieux d’élections pour les monuments commémoratifs. Les espaces dégagés qu’ils proposent sont propices à être transformés en lieux de mémoire et à interpeller les passants.

 

Un vase en plein Cœur de Ville

Au centre de la place Fernand Marquigny s'élève depuis 1935 un monument particulier dont les choix ornementaux puisent dans différents registres. L'esprit du XIXe siècle s'exprime à travers la représentation allégorique de la France ou encore le culte des grands personnages de l'Histoire de France comme Clovis et Jeanne d'Arc.

Un Vase et une fontaine

En 1998, la ville de Soissons lance une commande publique sous forme de concours pour la création d'une fontaine. Guy Lartigue, né en 1927, est déjà l'auteur d'un certain nombre de « sculptures fontaines » en France. Il imagine une sculpture qui fonctionne comme un témoignage sur le thème du Vase... Le cuivre, le laiton, le granit et l'inox sont ses matériaux de prédilection. Il choisit d'associer l'eau, élément naturel très présent dans la ville, à l'inox du vase fendu, référence immédiate à Clovis.

Beaucoup d'autres vases sont visibles à Soissons, pour qui sait prendre le temps d'observer.... à vous de les trouver !

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