Patrimoine / CIAP

Soissons, histoire et patrimoine

C’est 20 avant J.-C. qu’est fondée Augusta Suessionum dans un méandre de l’Aisne. De la ville antique et ses possibles 120 hectares nous sont parvenus le tracé du premier rempart du IIIe siècle ainsi que le souvenir encore bien présent dans le parcellaire d’un vaste théâtre antique. Peu étudié, méconnu des Soissonnais, il nourrit son lot de questionnements. Ainsi, avec ses 144 mètres de diamètre, il aurait été l’un des plus vastes de toute la Gaule…

Mais assurément, Soissons fait une entrée fracassante dans la grande histoire avec Clovis. Grâce à Grégoire de Tours qui relate l’épisode du Vase, sans qu’il soit possible d’en dissocier l’histoire de la légende, Soissons est connue de tous ! A la mort du roi franc en 511, son fils Clotaire fonde l’abbaye Saint-Médard qui va connaître un rayonnement considérable. En 752, Pépin le Bref, grand-père de Charlemagne, y est sacré. D’autres grandes abbayes vont faire de Soissons une importante métropole religieuse. Le XIIIe siècle fait de la cité un immense chantier : dès 1175, celui de la cathédrale actuelle met Soissons à la mode des croisées d’ogives et des arcs-boutants. Les abbés de Saint-Jean-des-Vignes et de Saint-Léger eux aussi lancent des chantiers considérables pour adopter l’architecture gothique.

Ces édifices, au riche programme sculpté, souffriront de l’occupation de la ville par les huguenots en 1567. Les XVIIe et XVIIIe siècle voient la construction de beaux hôtels particuliers tandis que vers 1760 l’imposant palais de l’Intendant, l’actuel hôtel de ville, succède au château des comtes de Soissons.

Comme ailleurs, la période révolutionnaire va malmener le patrimoine religieux. Des heures glorieuses Saint-Médard conserve sa belle crypte carolingienne, plus ancien édifice religieux du département de l’Aisne. De la grande abbatiale de Saint-Jean-des-Vignes qui rivalisait tant par ses dimensions que son décor avec la cathédrale, ne reste du démantèlement de l’édifice, contre lequel s’est insurgé Victor Hugo, au début du XIXe siècle que la majestueuse façade. Soissons connaît des décennies de prospérité. Le chemin de fer arrive en 1862. A la fin du XIXe siècle, le démantèlement étant réclamé à cors et à cris, la ville peut se défaire de sa ceinture de fortifications. Soissons respire et s’étend. Les fossés comblés deviennent de beaux boulevards où il est de bon ton d’afficher dans la pierre sa réussite. Au début du XXe siècle, la vitalité économique fait de Soissons une ville où il fait bon vivre. Le tramway, le petit train de Reims font entrer la ville dans la modernité…  

Les photos des premières années du XXe siècle révèlent une ville dynamique et pleine de vie… Elles constituent aussi désormais le souvenir d’une époque et d’un Soissons disparu. Située à proximité de la ligne de front durant l’essentiel de la Première Guerre mondiale, Soissons va connaître les privations, les évacuations de la population et les bombardements incessants. Lorsque cessent les hostilités, 2000 des 3000 maisons sont détruites, la cathédrale dresse ses murs  éventrés vers le ciel comme par miracle. La tâche est immense : la reconstruction, en dotant la ville de places aérées, également de rues élargies, métamorphose la ville. Un siècle plus tard, il est à nouveau question de modernité…  Requalification du boulevard Jeanne-d’Arc, revitalisation du cœur de ville, également valorisation  du patrimoine monumental, Soissons ne cesse de se réinventer afin de demeurer une ville vivante…

Informations annexes au site