Les collections permanentes

Le Musée Saint Léger

On s’employa entre les deux guerres à réinstaller le musée dans l’ancienne abbaye Saint-Léger, libérée du Petit Séminaire en 1906. Il est inauguré en 1933 dans les espaces conventuels du XIXe siècle.

Actuellement le rez-de-chaussée est consacré aux salles archéologiques. Un parcours de plus de 5000 ans d’histoire de la vallée de l’Aisne des premiers chasseurs-cueilleurs du Néolithique à 486 de notre ère date de la bataille de Soissons opposant Syagrius à Clovis.

Le premier étage présente l’histoire de la Ville, de l’Augusta Suessionum au Soissons de la Reconstruction après la Première Guerre Mondiale. Sont évoquées les grandes phases de l’histoire de la ville et de ses monuments autour du plan reliquaire de la fin du XVIe siècle. Le musée présente aussi une importante collection d’œuvres d’art ne se rattachant pas à l’histoire locale et illustrant les grandes phases de la peinture du XVIIe au XIXsiècle.

Au deuxième étage, une salle d’expositions temporaires présente alternativement les acquisitions récentes, des expositions de gravures ou des expositions thématiques liées aux collections du musée.

 

 

Les collections du Musée de Soissons

Archéologie

Les salles d’archéologie consacrées à l’évolution du peuplement de la Vallée de l’Aisne de l’époque Néolithique au Haut Moyen Age, mises en forme en 1989, ont été complétées par l’aménagement d’une mezzanine exposant les plus beaux objets découverts lors des fouilles récentes de la nécropole gauloise de Bucy-le-Long, dont l’impressionnant matériel archéologique de tombes à char récemment restauré.

La vallée de l’Aisne n’est pas une vallée comme les autres du point de vue archéologique. Une tradition de recherche importante au XIXe siècle, quelques pionniers des interventions de sauvetage qui ont posé les bases d’une archéologie scientifique dans les années 50 et 60, la mise en place en 1972 d’un programme de grande envergure, révolutionnaire pour l’époque, en font une des régions les plus connues du monde scientifique, tant au niveau national qu’à l’étranger.

Bien que le schéma général de l’exposition soit classiquement chronologique, le visiteur sera peut-être surpris de rencontrer dans chaque salle, à travers un thème commun (par exemple l’aspect funéraire, ou domestique), une opposition entre deux périodes qui se suivent. Nous avons justement voulu privilégier l’évolution d’une culture à l’autre, plutôt que de définir chaque culture l’une après l’autre.

Enfin, après avoir gravi les marches du temps, des premiers agriculteurs à la prise de Soissons par Clovis, le visiteur pourra refaire depuis la mezzanine le voyage à l’envers, en découvrant d’autres facettes des collections.

Des fiches d’oeuvres sont progressivement consultables sur la base nationale Joconde, au fur et à mesure des versements effectués dans le cadre du programme de numérisation des collections des musées de France, soutenu par le Ministère de la Culture (DRAC Picardie) et le Conseil Régional de Picardie.

Histoire locale

La salle d’histoire locale a été complètement remodelée pour proposer un parcours chronologique synthétique de l’histoire de Soissons, de sa fondation gallo-romaine à la reconstruction de l’après-guerre.

La salle s’organise autour du plan reliquaire du XVIe siècle. Objets précieux (plat d’argent gallo-romain, croix limousine), marbres gallo-romains, éléments d’architecture, sculptures (tête de Clotaire, buste de jeune fille de Houdon), peintures, photographies et plans évoquent les grandes phases de l’histoire de la ville, de ses monuments (les abbayes Saint-Médard, Saint-Jean-des-Vignes et Notre-Dame) et de ses destructions.

Des fiches d’oeuvres sont progressivement consultables sur la base nationale Joconde, au fur et à mesure des versements effectués dans le cadre du programme de numérisation des collections des musées de France, soutenu par le Ministère de la Culture (DRAC Picardie) et le Conseil Régional de Picardie.

L’église Saint-Léger

L’église abbatiale, en croix latine, comprend une nef organisée sur six travées avec collatéraux et chapelles latérales, un transept saillant et un chœur. La première travée de la nef à l’ouest est en partie occupée par un clocher-porche dont la configuration rappelle curieusement celle des clochers-porches romans et préromans. Daté du XVIIe siècle, il forme une espèce de vestibule.

Le transept comprend cinq travées, le chœur deux. Il est terminé par une abside allongée à sept pans. Les deux travées de nef gothique, au devant du transept, conservent suffisamment d’éléments pour permettre de reconstituer dans ses grandes lignes le projet gothique initial.

L’architecture, de l’abbaye Saint-Léger est sévère, sobre d’ornements et simple d’exécution.

D’après T. Algrin « Soissons, ancienne abbaye Saint-Léger » Etude préliminaire sommaire 2001

L’état préoccupant du bâtiment a obligé sa fermeture au public pendant plusieurs années. Des travaux de réfection dans la nef sont en cours. Une fois achevés, ils permettront la réouverture partielle au public.

On pourra y redécouvrir un tympan spectaculaire de Saint-Yved de Braine, des chapiteaux médiévaux de Saint-Thibaut-de-Bazoches et divers éléments lapidaires de monuments disparus de Soissons et sa région.

L’arsenal, le CCEA et l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes

Le musée de Soissons dispose, depuis 1995, d’un espace d’expositions temporaires dans l’Arsenal de l’ancienne abbaye Saint-Jean-des-Vignes.

Cet espace, ouvert à la création contemporaine, accueille aussi des concerts et des animations pédagogiques.

En 2000, la réalisation d’un dépôt de fouilles a été décidée pour résoudre le stockage et permettre de meilleures conditions de conservation et de recherche des collections archéologiques. C’est en 2009 qu’il voit enfin le jour sous l’appellation CCE (Centre de Conservation et d’Etudes). Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger les documents ci-contre.

L’arsenal

Le bâtiment principal de l’actuel Arsenal porte la date de 1878. Des projets d’aménagements ont évolué à partir de 1834 pour aboutir à l’état que nous lui connaissons.

L’état actuel du site n’apparaît sur les plans qu’à partir de 1881. On distinguait l’« arsenal d’artillerie » et le « magasin à poudre dans l’enclos de l’arsenal d’artillerie » qui pouvait contenir 36 600 kilos de poudre conservés dans des tonneaux.

Le musée de Soissons y organise régulièrement des expositions temporaires. Cet espace, ouvert à la création contemporaine, accueille aussi des concerts et des animations pédagogiques.

L’ancienne abbaye

Les vestiges de l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes sont les restes d’un des cinq grands ensembles monastiques qu’a connu Soissons dès le Haut Moyen Âge.

Une église paroissiale (Saint-Jean-du-Mont) préexiste à la fondation de l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes. Vers 1076, un accord entre Thibaud de Pierrefonds, Hugues de Château-Thierry et une communauté de clercs fut officialisé par une charte de fondation d’une abbaye sur la colline Saint-Jean. Le groupe de clercs se réunit dans la maison canoniale connue sous le nom de Saint-Jean-du-Mont.

La première église abbatiale formait un bâtiment de dimensions modestes. Les textes suggèrent également la présence de bâtiments claustraux romans dont les pierres ont été systématiquement remployées pour la construction de l’abbaye gothique.

La période entre 1196 et 1565 correspond au plein épanouissement de l’abbaye. Il aura fallu trois siècles pour mener à terme le projet architectural. Le chœur est construit entre 1200 et 1230, les flèches du XIII au XVIe, le réfectoire et le cellier datent de la fin du XIIIe siècle. Les fortifications de l’abbaye sont construites en 1359 pendant la guerre de Cent ans. L’ensemble est intégré aux fortifications de la ville durant le XVIIe siècle.

Au cours du XVIIIe siècle, l’abbaye est peu à peu désaffectée, puis, après la Révolution, transformée en caserne et en carrière de pierre. L’arsenal et la poudrière sont construits au XIXe siècle.

D’importants travaux de restaurations doivent être menés dans les années qui viennent. Avant les travaux, l’accès au public est limité dans certaines zones du site.

Actuellement, le site regroupe le Centre archéologique de la Vallée de l’Aisne et le Centre d’études des peintures murales romaines. Les travaux de mise en valeur de l’arsenal visent à étendre ce pôle culturel et touristique de Soissons.

Le réfectoire

Il ne subsiste aujourd'hui de l’organisation de l’abbaye que les murs de l’enceinte et quelques bâtiments. Parmi eux, seul le réfectoire est conservé intégralement.

Situé au sud de l’abbatiale, ce bâtiment comprend deux étages : un cellier voûté en sous-sol et au rez-de-chaussée une haute salle voûtée également qui constitue le réfectoire proprement dit. Une file de sept colonnes élancées divise celui-ci en deux nefs de huit travées couvertes de voûtes sur croisées d’ogives. Les nervures de ces voûtes retombent le long des murs sur des consoles sculptées de motifs végétaux.

Cette omniprésence du décor végétal est aussi à remarquer dans la décoration du grand cloître. La longueur (40 mètres) du bâtiment en fait un des plus grands réfectoires médiévaux conservés.

Le reste des vestiges de l’abbaye est composé : des ailes ouest et sud du cloître, du logis de l’abbé, de la moitié sud du bâtiment contenant la « salle », le logis des hôtes et l’infirmerie ainsi que le grenier occidental. Ces vestiges sont dominés par la masse imposante des deux tours de l’église.

La belle cohérence de l’ensemble telle qu’elle apparaît sur la gravure de Barbaran (fin XVIIe siècle) n’est plus. La composition de l’ensemble monastique est dénaturée par la disparition d’une partie des bâtiments.

D’importants travaux de restauration des maçonneries et des décors seront mis en œuvre de 2004 à 2008.

Informations annexes au site