Sites du Musée

Le musée s’étend sur trois sites majeurs du patrimoine de Soissons :
L’ancienne Abbaye Saint-Léger présente les collections archéologiques, historiques et artistiques qui appartiennent à la ville de Soissons.
L’Arsenal et ses grands volumes permettent le déploiement d’expositions temporaires d’envergure.
Le Centre de Conservation et d’Etudes Archéologiques (CCEA) accueillie les réserves archéologiques du musée, le dépôt de fouilles du Service Régional de l’Archéologie et les réserves du Centre d’Etude des Peintures Murales Romaines (CEPMR).

De l’abbaye au musée...

Créé en 1857, le musée de Soissons est installé depuis 1933 dans les bâtiments de l’ancienne abbaye Saint-Léger.

Cette abbaye tient son nom d’un évêque d’Autun, Léger, martyrisé au VIIe siècle. Fondée en 1139, l’abbaye fait suite à une communauté de chanoines séculiers dont la plus ancienne mention date de 1070, mais sa création peut remonter au Haut Moyen Age.

L’abbaye prospère au XIIe siècle après que le comte de Soissons eut rendu l’église à l’évêque Josselin de Vierzy. La reconstruction de l’édifice commence en 1200. La guerre de Cent ans porte un coup fatal à l’abbaye qui n’a plus les moyens d’entretenir les bâtiments. L’occupation de la ville par les Protestants en 1567-1568 entraîne la ruine de l’église et du couvent.

Rattachée en 1660 à la Congrégation de France, l’abbaye se redresse et reconstruit les bâtiments conventuels qui abritent maintenant la bibliothèque et le musée.

A la fin de l’Ancien Régime, tombée dans une morne torpeur, elle est vendue en 1791 à un négociant en vin et est occupée à des fins diverses jusqu’au second Empire. L’Évêque de Carsignies y installe le petit séminaire et entreprend une restauration (peintures des voûtes de la crypte gothique).

Classé en 1886, l’édifice est éprouvé par les bombardements de la première guerre mondiale. L’architecte Emile Brunet et ses successeurs remettent en état le bâtiment en même temps qu’ils travaillent à la cathédrale.

Le Musée Saint-Léger

On s’employa entre les deux guerres à réinstaller le musée dans l’ancienne abbaye Saint-Léger, libérée du Petit Séminaire en 1906. Il est inauguré en 1933 dans les espaces conventuels du XIXe siècle.

Actuellement le rez-de-chaussée est consacré aux salles archéologiques. Un parcours de plus de 5000 ans d’histoire de la vallée de l’Aisne des premiers chasseurs-cueilleurs du Néolithique à 486 de notre ère date de la bataille de Soissons opposant Syagrius à Clovis.

Le premier étage présente l’histoire de la Ville, de l’Augusta Suessionum au Soissons de la Reconstruction après la Première Guerre Mondiale. Sont évoquées les grandes phases de l’histoire de la ville et de ses monuments autour du plan reliquaire de la fin du XVIe siècle. Le musée présente aussi une importante collection d’œuvres d’art ne se rattachant pas à l’histoire locale et illustrant les grandes phases de la peinture du XVIIe au XIXe siècle.

Au deuxième étage, une salle d’expositions temporaires présente alternativement les acquisitions récentes, des expositions de gravures ou des expositions thématiques liées aux collections du musée.

Le cloître de l’abbaye Saint-Léger

Le complexe abbatial d’origine subsiste encore dans sa cohérence et son organisation grâce au cloître sur plan carré dont il reste les deux ailes nord et est.

L’ensemble est comparable pour le décor et les proportions aux cloîtres de la cathédrale de Noyon et de l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes. Du cloître s’impose l’architecture extérieure de l’église. Certaines arcades du cloître conservent leur remplage ancien et leur décor originel (corniche feuillagée culs de lampe décorés) d’autres ont été reconstruites après la guerre de 1914-1918.

Le cloître donne accès à la salle capitulaire et à la crypte. La salle capitulaire est composée de six travées voûtées d’ogives qui retombent sur deux colonnes centrales dont le style est bien caractéristique du XIIIe siècle, c’est-à-dire contemporain de l’achèvement du chevet.

Une grande partie de l’église du XIe siècle est visible dans la crypte. Les chapiteaux à forme cubique aux motifs peu fouillés sont les témoins de cette première architecture. L’abside axiale est détruite au XIIe siècle pour agrandir la crypte vers l’est. On couvre alors l’ensemble des voûtes sur croisées d’ogives.

Au XIXe siècle, la chapelle axiale de la crypte est repeinte pour les besoins du petit séminaire, ces peintures sont toujours visibles.

L’Eglise Saint-Léger

L’église abbatiale, en croix latine, comprend une nef organisée sur six travées avec collatéraux et chapelles latérales, un transept saillant et un chœur. La première travée de la nef à l’ouest est en partie occupée par un clocher-porche dont la configuration rappelle curieusement celle des clochers-porches romans et préromans. Daté du XVIIe siècle, il forme une espèce de vestibule.

Le transept comprend cinq travées, le chœur deux. Il est terminé par une abside allongée à sept pans. Les deux travées de nef gothique, au-devant du transept, conservent suffisamment d’éléments pour permettre de reconstituer dans ses grandes lignes le projet gothique initial.

L’architecture, de l’abbaye Saint-Léger est sévère, sobre d’ornements et simple d’exécution.

D’après T. Algrin « Soissons, ancienne abbaye Saint-Léger » Etude préliminaire sommaire 2001

L’état préoccupant du bâtiment a obligé sa fermeture au public pendant plusieurs années. Des travaux de réfection dans la nef sont en cours. Une fois achevés, ils permettront la réouverture partielle au public.

On pourra y redécouvrir un tympan spectaculaire de Saint-Yved de Braine, des chapiteaux médiévaux de Saint-Thibaut-de-Bazoches et divers éléments lapidaires de monuments disparus de Soissons et sa région.

L’Arsenal

Le musée de Soissons dispose, depuis 1995, d’un espace d’expositions temporaires dans l’Arsenal de l’ancienne abbaye Saint-Jean-des-Vignes.

Cet espace, ouvert à la création contemporaine, accueille aussi des concerts et des animations pédagogiques.

Le bâtiment principal de l’actuel Arsenal porte la date de 1878. Des projets d’aménagements ont évolué à partir de 1834 pour aboutir à l’état que nous lui connaissons.

L’état actuel du site n’apparaît sur les plans qu’à partir de 1881. On distinguait l’« arsenal d’artillerie » et le « magasin à poudre dans l’enclos de l’arsenal d’artillerie » qui pouvait contenir 36 600 kilos de poudre conservés dans des tonneaux.

Le musée de Soissons y organise régulièrement des expositions temporaires. Cet espace, ouvert à la création contemporaine, accueille aussi des concerts et des animations pédagogiques.

Le CCEA

En 2000, la réalisation d’un dépôt de fouilles a été décidée pour résoudre le stockage et permettre de meilleures conditions de conservation et de recherche des collections archéologiques. C’est en 2009 qu’il voit enfin le jour sous l’appellation CCE (Centre de Conservation et d’Etudes).

Informations annexes au site