PATRIMOINE, ÉVÉNEMENT

Une journée dédiée au Vest Pocket, appareil photo de la Grande Guerre

"Les animations et ateliers autour du Vest Pocket se dérouleront tout au long de l’année 2018. L’envie était d’aborder le premier conflit mondial de façon originale et sous l’angle de la mémoire, du témoignage."

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Depuis 2014, le Service patrimoine de Soissons est largement investi dans les manifestations liées au centenaire de la Première Guerre mondiale, notamment par une exposition organisée en 2014 sur l’histoire méconnue des enfants de Soissons qui ont été évacués vers l’ouest de la France en décembre 1914 ; également par le travail réalisé sur un Soissonnais, Célestin Martin, mobilisé dès le début de la guerre. A travers l’évocation de son vécu, des lieux qu’il connut, ce travail a permis, en particulier auprès des scolaires, d’évoquer le premier conflit mondial à travers celle d’un individu, « banal » car ressemblant à tant de Français de cette époque. Ce travail de médiation a permis d’aborder le conflit sous l’angle de l’humain, d’une manière plus concrète et plus sensible…

La genèse du projet

Les animations et ateliers autour du Vest Pocket se dérouleront tout au long de l’année 2018. L’envie était d’aborder le premier conflit mondial de façon originale et sous l’angle de la mémoire, du témoignage. Or, ce conflit voit l’émergence d’un médium de reportage complètement nouveau, la photographie. Celle-ci a fait depuis la fin du XIXe siècle de considérables progrès. Et il est désormais possible de réaliser des clichés avec des… pellicules en lieu et place des plaques de verre, difficiles à mettre en œuvre et encombrantes. Il faut savoir que le Service photographique des armées n’est créé qu’en 1915. Or, dès les premières semaines de la guerre, à titre individuel, des soldats expriment en photo ce qu’ils vivent et perçoivent comme un moment « hors norme »… C’est également en 1915 que la Censure interdit l’emploi par les soldats de l’appareil photo… En effet, le Vest Pocket notamment, qui tient dans une poche, permet aux soldats de fixer sur la pellicule leur quotidien, leur ressenti, leurs moments d’intimité, tout ce pan immergé de l’histoire non officielle… Le sens donné aux images, leur portée symbolique, la notion d’interprétation, autant de questionnements particulièrement d’actualité dans une société d’images pourront être abordés avec le jeune public notamment.

Des protagonistes

Un appareil photo, le Vest Pocket : commercialisé en 1913 par Kodak, il va participer par sa taille, sa facilité d’utilisation et un prix relativement accessible, à démocratiser la photo. Il sera fabriqué en différentes versions jusqu’en 1926 à plus d’1,7 million d’exemplaires. Et les « poilus » vont beaucoup l’utiliser sur le front en raison de son prix abordable et de l’usage de la pellicule.

Il est simple d’emploi et peut à rebours d’un siècle évoquer l’usage du téléphone portable pour prendre des photos fugaces et à la volée… De là vient l’idée de lui redonner une nouvelle vie…

Des passionnés qui aiment partager

Hélène et Paule Elise BOUDOU-REUZE animent un blog remarquable, mêlant humour, sensibilité et soupçon de philosophie… Il s’intitule 1916kilometres.com. On pourrait l’intituler « Deux femmes, un van et un chien sur les traces de la Première Guerre »… Curieuses de tout, elles se sont lancé dès 2016 dans l’expérimentation de la photographie avec un Vest Pocket…

Luc MARTIN, impliqué dans l’organisation des manifestations du Centenaire de 14-18 dans le Cher, président des Amis du musée de Saint-Amand-Montrond, il est aussi un collectionneur avisé qui ne collectionne pas que pour lui mais pour partager. La présentation de quelques-uns de ses appareils permettra de constater qu’en 1914 il n ‘y a pas que le Vest Pocket pour photographier. Loin de là…

Anthony PETITEAU, historien de la photographie, s’intéresse tout particulièrement au sujet de la photo durant le premier conflit mondial. Il a notamment coordonné la réalisation de l’ouvrage Photographies de poilus, soldats photographes au coeur d la Grande Guerre publié en 2014 aux éditions Somogy.

Frédéric SARTIAUX, guide conférencier et photographe, est l’auteur d’un livre consacré à Soissons paru en fin d’année dernière. Il est passionné également de photographie argentique et de noir et blanc… Il voit dans la rusticité du Vest Pocket un outil de créativité photographique.

Une journée pour qui ?

Le Vest Pocket, c’est pour tous les publics. En effet, cette journée s’adresse tout autant aux amateurs d’histoire, notamment de celle du premier conflit mondial, qu’à ceux de photographie, tout autant aux adultes qu’aux jeunes. Le programme de cette journée répond à l’esprit des actions de médiation qui font la spécificité et la raison d’être d’un Service Patrimoine : sensibiliser au patrimoine de manière vivante, accessible à tous en faisant appel à des intervenants passionnés et désireux de partager leurs connaissances de manière ludique.

Consulter le programme dédié au Vest Pocket sur le site de l'abbaye Saint-Jean-des-Vignes