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Sur la cathédrale, une nouvelle rose vient d’éclore

Avant le démontage définitif des derniers échafaudages, la rose de la cathédrale a reçu aujourd’hui la visite des officiels : responsables politiques, architectes et professionnels du patrimoine, également ceux qui sont intervenus tout au long des opérations.

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Tous sont unanimes : c’est un chantier exceptionnel, celui d’une vie auquel tout tailleur de pierre, maçon, architecte peut rêver de participer dans sa carrière. 

 Grande fragilité

 

Retour en arrière, loin en arrière… Dans le dernier tiers du XIIIe siècle plus précisément. C’est le temps de la créativité de l’art gothique et il est de bon ton de ponctuer la façade ouest de toute cathédrale d’une grande rose.

A Soissons, les architectes veulent aller plus loin dans la finesse de leur ouvrage qu’à Reims ou Notre-Dame de Paris… Revers de la médaille ? Cette rose à la légèreté inégalée est fragile. Et lorsqu’en janvier 2017, ses remplages cèdent sous les bourrasques de la tempête Egon, c’est juste l’aboutissement de sa grande fragilité, accentuée par les bombardements de 14-18.

Chantier hors norme

 

C’est alors un chantier une nouvelle fois hors norme qui va débuter : celui de la restitution intégrale de l’œuvre. Un véritable défi technique à relever lorsqu’on sait que la rose s’était ovalisée et que son œil central s’était affaissé de 11 centimètres.

Il a fallu trouver une pierre adaptée, le choix va se porter sur une roche dure de la Croix Huyart, encore en exploitation aujourd’hui à Bonneuil-en-Valois. Il a également fallu mettre en œuvre un protocole sécurisé afin de réaliser les scellements au plomb sur place. Il a aussi fallu pour les maîtres-verriers trouver les solutions afin d’adapter les vitraux à une rose désormais parfaitement circulaire.

Le chantier qui vient de se terminer est exceptionnel par les savoir-faire qu’il a mobilisés.

Instants d’émerveillement

Il l’est tout autant par les très nombreuses actions de médiation qui ont été menées notamment avec les scolaires. Dans le cadre des actions menées par le Service de l’Architecture et du Patrimoine, de nombreux scolaires ont pu emprunter, comme les hommes de l’art, l’immense échafaudage pour se retrouver les yeux dans les pierres, pouvant toucher les gargouilles qui dans quelques jours vont redevenir inaccessibles. Ainsi, cet événement traumatisant est devenu non seulement un chantier exceptionnel, également des instants d’émerveillement. Ce devoir de transmission fera peut-être naître des vocations…  

Cette renaissance, c’est aussi le symbole d’une ville à l’histoire résiliente.

Mais en vérité, le chantier continue. A l’est, au niveau du chevet un immense échafaudage est en train d’être installé au-dessus des toitures du chœur. Dans les mois à venir il sera possible de cheminer le long du bras sud du transept dans le cadre des aménagements du projet Cœur de ville porté par Jean-Michel Wilmotte. Plus que jamais, Soissons est une ville d’histoire en mouvement. Le patrimoine, c’est l’affaire de tous. Le valoriser, le partager, c’est aussi préparer demain.