Actus histoire

Bernard ANCIEN

Par ses racines soissonnaises, ses dons naturels, sa passion de chercheur, Bernard Clément Ancien (1906-1987) a contribué à la connaissance de l’histoire locale. On lui doit d’innombrables dossiers manuscrits, un grand nombre d’articles très documentés et plusieurs ouvrages portant sur l’archéologie, l’étude des villages du Soissonnais, les grandes familles du territoire…

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Il révèle très tôt ses talents pour le dessin et sera l’auteur d’innombrables croquis représentant les monuments locaux. Au lieu d’utiliser des feuilles vierges, il se tourne vers des supports moins classiques tels que des étiquettes de bouteilles de vin ou le dos de prospectus et d’imprimés. 

Sa passion pour le patrimoine local le conduit en 1938 à la Société archéologique et historique de Soissons, où il devient secrétaire général (1949), puis président (1962-1983). Bernard Ancien a vu ses talents et son travail récompensés par de nombreuses distinctions :  Officier des Palmes académiques et Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.

 

Le travail d’une vie 

Les publications de Bernard Ancien sont peu nombreuses (une quarantaine environ), et paraissent dans les Bulletins de la Société d’archéologie, historique et scientifique de Soissons et les Mémoires de la Fédération des sociétés historiques et archéologiques de l’Aisne. Ses travaux portent sur des sujets inédits et reposent essentiellement sur trois thématiques :

·      L’archéologie

Bernard Ancien n’a publié qu’une seule étude archéologique intitulée Soissons gallo-romain. Ce travail d’inventaire révèle les découvertes des sites de fouilles. Il prit soin de collectionner tout au long de sa vie des objets historiques issus des fouilles archéologiques où il se rendait (amphore, ceinturon mérovingien, francisque, etc.). 

·      L’histoire

Il a rédigé plusieurs synthèses rigoureuses, notamment sur l’histoire médiévale de la région. Pour cela, il a étudié les minutes notariales et les a croisées avec d’autres sources à sa disposition : une méthode innovante qui a permis l’accès à une large palette de ressources aujourd’hui. 

·      La généalogie 

L’étude de la généalogie est sans nul doute la partie la plus importante et dominante de son travail. Familles seigneuriales du Soissonnais, bourgeois, grandes familles du royaume mais aussi notaires et fermiers ont fait l’objet d’études par Bernard Ancien. Il ne s’est pas contenté de dresser une simple liste d’ascendance mais s’est donné à cœur de rechercher les liens familiaux et relations avec les grandes propriétés régionales (de même pour les armoiries des grandes familles). 

Une collection incomparable 

À sa mort, Bernard Ancien lègue ses innombrables recherches à son fils, aux Archives départementales, à la Société historique de Soissons et à la ville de Soissons. 

Les Archives municipales de Soissons ont hérité de 1500 livres, fascicules et guides touristiques de la bibliothèque personnelle de Bernard Ancien. La ville de Soissons conserve également une partie de ses notes manuscrites et un grand nombre de cartes postales sur Soissons, ses environs et autres régions de France. Une partie de sa collection d’objets historiques est conservée au musée de Soissons (plus de 250 objets) dont certains sont actuellement exposés.  

Ses travaux comprenaient également quelques notices de villages, très peu connues, parfois accompagnées de calques, plans et documents d’archives. La Société historique de Soissons a pris soin de les rassembler et de les ranger par ordre alphabétique. Malheureusement, de nombreux textes et notes n’ont pas été conservés. 

Les Archives départementales de l’Aisne, quant à eux, ont recueilli 7 mètres linéaires des minutes notariales des études Bureau et Dulong que possédait Bernard Ancien.  

 

Les fonds aujourd’hui

Les travaux de Bernard Ancien, menés tout au long de sa vie, constituent un véritable trésor local. Ils représentent un outil primordial pour les chercheurs en quête d’informations sur le Soissonnais et ses environs. Bernard Ancien est l’une des figures soissonnaises à avoir le plus approfondi l’histoire régionale. Geneviève Cordonnier évoquait que « le seul amour de sa vie, c’était l’histoire de Augusta Suessionum au cours des siècles ».